Le Medef conteste l’accord sur l’assurance-chômage

Le Medef conteste l’accord sur l’assurance-chômage

Alors que les professionnels du secteur de l’assurance, comme Axa, Aviva, Filiassur et autres, ont soufflé après la « réussite » des négociations sociales au tour de l’assurance-chômage et l’aboutissement à un accord qui va calmer les protestations, le Medef s’est déclaré insatisfait du résultat et a hissé sa voix pour protester contre ledit accord. Déjà, deux de ses membres ont quitté le bureau de son pole social à savoir Jacques Chanut, président de la fédération française du bâtiment et Viviane Chaine-Ribeiro, présidente du Syntec.

La hausse de la cotisation patronale inquiète le Medef

A l’issue des négociations au tour de l’assurance-chômage, les partenaires sociaux se sont accordés sur une hausse provisoire de la cotisation patronale à hauteur de 0,05 point en échange de 900 millions d’euros d’économies qui vont concerner le durcissement de l’indemnisation des demandeurs d’emplois de la catégorie « senior ».

Cette mesure a provoqué la colère du Medef à travers les protestations portées par deux de ses membres qui ont qualifié cette hausse d’un mauvais signal. De sa part, le président de la fédération française du bâtiment, Jacques Chanut, il s’agit d’« hausse infime mais qui représente un très mauvais signe à la veille de l’élection présidentielle. Une ligne rouge, celle de la hausse des charges, a été franchie », explique-t-il.

La hausse de la cotisation patronale n’a pas également plu à la présidente du Syntec, Viviane Chaine-Ribeiro, qui a démissionné du pole social du Medef en adressant un communiqué contestant l’accord trouvé. Le Groupement des professions de services a également fait part de son mécontentement. En revanche, il se murmure dans l’entourage du président du Medef, à savoir Pierre Gattaz, que ces démissionnaires avaient pourtant validé le mandat de négociation qui a été présenté à la fédération avant de présenter leurs démissions.

Un défaut dans l’accord ou une volonté de succéder à Pierre Gattaz ?

Il est clair que l’ambiance du coté du Medef est un peu spéciale. En effet, alors que les deux membres démissionnaires se défendent que leur décision est motivée par un problème avec le fond de l’accord sur l’assurance-chômage, l’entourage de Pierre Gattaz affirme le contraire. Pour ce dernier, les patrons connaissent bien que la hausse des cotisations n’est qu’une mesure temporaire qui va leur faire gagner également avec la suppression de la taxation des contrats courts (sur deux temps) et la baisse de la cotisation aux AGC, l’organisme qui se charge de payer les salariés des entreprises en défaillance.

On comprend ainsi que la situation peut représenter un conflit d’intérêts au sein de la fédération au sujet de la succession à Pierre Gattaz, plutôt qu’une réelle position contre l’accord sur l’assurance-chômage.